Comment éveiller l’âme du corps ?

Méditer a pris souvent la signification qui implique la réflexion.

Peut-être déjà en prenant conscience de nos actes, et pour cela, s’y préparer, se tenir prêt à agir avec conscience. Qu’y a-t-il de plus de plus proche étymologiquement de la définition «  agir centré en vue d’obtenir un résultat » que le mot « MÉDITATION »


Méditer a pris souvent la signification qui implique la réflexion. D’autres encore la considèrent comme une espèce de sieste plus ou moins éveillée.

Pour de nombreux maîtres chinois, la « conscience du centre » n’est autre que le juste milieu. Ce juste milieu est également représenté par les 3 enseignements qui ne font qu’un : le bouddhisme, le taoïsme et le confucianisme. Au centre de chacun de ces enseignements réside la capacité d’agir centré en vue d’obtenir un résultat. Les moyens ou les outils peuvent varier, mais le but demeure le même : c’est le cheminement vers le sommet qui est important, car le voyage vers le but importe plus que le but lui-même.

Temps et espace se confondent dans le reflux…

Le prince Liu An, au 2ème siècle avant notre ère, décrit la méditation en ces termes :
« Temps et espace se confondent dans le flux et le reflux, le tao n’est alors ni devant ni derrière, il est autour et au centre. Le centre est alors partout, et la périphérie nulle part. Ce qui semble inaction est alors en mouvement. »
Il n’est donc pas nécessaire de rester assis sans rien faire pour prétendre s’approcher du Tao. Être assis sans rien faire n’est pas méditer. Méditer, c’est agir avec conscience, ce n’est pas l’inaction. La pratique est méditation. La méditation est pratique.


Méditer en mouvement…

Fermer les yeux, rester assis en silence, pratiquer des postures immobiles… s’isoler… n’est-ce pas tout bonnement s’enliser, se couper du lien avec l’environnement, et finir par se cacher ? Entrer dans sa bulle autistique ? Je préfère personnellement méditer en mouvement, en rendant mon corps sensible à la beauté du geste et du sacré, afin que mon âme ait envie d’y danser, de chanter, de jouer de la musique, de s’exprimer et de s’y répandre…


Combien de méditants ai-je déjà rencontrés qui, une fois sortis de leur silence immobile, avaient du mal à conserver ce calme et cette sérénité dans leurs actes au quotidien, et surtout dans des relations tendues ou difficiles ? Voilà pourquoi je pratique la méditation dans un agir en conscience, afin de conserver mon discernement et ma tranquillité intérieure tout au long de mes journées.


Méditer au travers d’un geste artistique…

Méditer au travers d’un geste artistique, dénué de toute intention égotique..Se mouvoir dans le vide (mais pas vide de sens) quand nous calligraphions nos mouvements jusqu’à ressentir leurs courbes, ressentir les appuis des pleins et des déliés jusqu’au bout de nos doigts devenus dans cet instant privilégié de véritables pinceaux de soie. Voir ces traces émerger de nous, suspendus en équilibre dans l’instant présent, écoutant le son et la résonance de nos gestes au-delà de nos espérances… Alors s’ouvre le chemin à l’inspiration de gestes primordiaux, d’émotions immémoriales comme celles du recueillement, de la prière, de l’amour ou de la célébration…
Alors peut-être mon corps s’est-il réveillé au sacré !

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